Les villes intelligentes en mode « basse technologie »

Une enquête conduite entre autres par l’Ademe en 2017 auprès de 4000 français et 3000 européens a conclu que la smart city comme métropole tentaculaire ne trouvait pas auprès de la population l’écho positif attendu. La « grande ville » est associée, aux nuisances, à la pollution, à la surpopulation et aux déplacements intolérables. Malgré une hyperconnection des habitants eux-même elle est principalement associée à une perte de lien social, à un usage abusif et opaque des données privées, en un mot elle génère méfiance et scepticisme. On l’accuse également de coûter très chère malgré ses promesses d’économie.

Une autre intelligence urbaine

Mais si la smart city est généralement définie par ses innovations high tech, elle peut être intelligente sans internet des objets ou smart grids. La ville dite « low tech » peut-être une alternative non pas à la smart city en général, mais à sa déclinaison largement portée, notamment, par certains acteurs industriels et privés. Déclinaison qui réclame un accès à des ressources énergétiques ou matérielles toujours plus importantes liés à ces infrastructures technologiques.

L’ensemble des techniques qui forment la low tech sont pratiques, économiques et populaires. fondées sur des savoir-faire simples qui ne requièrent pas d’infrastructures sophistiquées, mais n’empêche pas l’innovation.

La basse technologie peut transformer nos villes en « smart cities ». En y mettant en œuvre une forme de frugalité vertueuse et heureuse.

Dans certains quartiers, le low tech EST le paysage de la ville ordinaire. Il repose sur des ressources plus facilement accessibles, mobilise des acteurs différents de la gestion urbaine, à un échelon plus local. Une ville accessible à tous, une ville open source en somme, permettant d’initier une mobilisation des habitants pour qu’ils s’investissent dans des projets collectifs, dans lesquels le numérique n’est qu’un outil et non une fin.

Fablabs, repair cafés, restaurants communautaires, projets d’agriculture urbaine, réutilisation de sites désaffectés, de friches industrielles, coworking, habitat coopératif, ces initiatives développées depuis des années et qui fonctionnent entraînent d’autres initiatives. Et cette ville réparable, démontable, à l’image des repairs cafés, ne va pas sans le développement de nouvelles sociabilités.

Eloge de la lenteur

Depuis 1999, le réseau Slowcitta parti d’Italie sur le modèle slowfood promeut l’idée que la qualité de vie doit l’emporter sur la logique d’équipement. Le mouvement compte désormais 177 villes réparties dans 27 pays et fixe des objectifs de limitation des constructions, de réduction des consommations énergétiques, de développement de lieux de convivialité et de diminution des déchets, des propositions abordant les enjeux de gestion urbaine liée à des pratiques de lenteur et au recours au low tech. Ces initiatives ont souvent développé des outils qui leur sont propres, comme des monnaies alternatives ou des systèmes d’échanges locaux.

Ingrid_M

Photo by Mitul Shah from Burst

janvier 6, 2019

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